La Saint-Jean Baptiste “Fête des Québécois” de Clovis au mouvement souverainiste

La fête de la Saint-Jean Baptiste était célébrée tous les 24 juin bien avant de devenir la fête nationale de tous les Québécois. Déjà, les peuples païens célébraient le solstice d’été par un grand feu de joie, symbolisant la lumière qui était à son apogée. Puis, dans la France de Clovis, on conservera la tradition du feu de joie pour célébrer la naissance de Saint Jean le Baptiste, en baptisant le Christ, il marqua ainsi le début de sa vie publique. Jean sera la précurseur du Christ, “la lumière du monde” - d’où le lien avec le solstice et le feu de joie. La fête religieuse de Jean le Baptiste revêt donc une importance toute particulière pour tous les catholiques d’Europe, et spécialement pour ceux de France, où dans la nuit du 23 au 24 juin à Paris, le roi de France lui-même allume le feu de la Saint Jean. Une fois en terre d’Amérique, les Français continueront de souligner cet événement.

C’est en 1834 que de fête religieuse, la St-Jean-Baptiste deviendra un symbole national pour les Québécois. En effet, le 8 mars 1834, Ludger Duvernay et quelques autres Montréalais d’élite fondent une société d’entraide et de secours dont le nom en dit long sur ses objectifs: “Aide-toi et le ciel t’aidera”. Cette société deviendra plus tard la Société Saint-Jean-Baptiste, active encore de nos jours. Un banquet fut organisé avec un grand succès. Dès lors la Saint-Jean sera célébrée annuellement comme fête nationale. Mais mise en veilleuse pendant et après les soulèvements des patriotes francophones contre le pouvoir anglophone en 1837 et 38, la fête renaît à Québec en 1842 en tant que fête religieuse, et donne lieu à une grande procession. Ce fut le premier “défilé de la St Jean”. Le 24 juin 1848, lors de la “parade de la St Jean”, une relique bouleverse la foule massée le long des rues de Québec: quelqu’un portait un des vestiges les plus précieux du Régime français, le drapeau du régiment de Carillon, qui avait été témoin de la brillante victoire des 3 500 soldats Français du général Montcalm contre une armée de 15 000 Anglais, le 8 juillet 1758, à Carillon, aujourd’hui Ticonderoga dans l’état de New York.

Ce drapeau fleurdelisé, l’ancêtre de l’actuel drapeau du Québec, fut depuis porté avec fierté, protégé dans un cylindre de métal, lors de tous les défilés de la St Jean jusqu’en 1982. Aujourd’hui encore, la Société St Jean Baptiste de Montréal organise le traditionnel défilé de la St-Jean, qui longe la rue Sherbrooke d’ouest en est pour se terminer au Parc Maisonneuve, où a lieu un grand spectacle populaire qui réunit plusieurs milliers de personnes chaque année. Ce n’est plus le drapeau de Carillon qu’on arbore, mais notre drapeau fleurdelisé bleu et blanc, qui a célébré ses 50 ans en 1998.

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